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À toi qui n'est pas encore né(e)
À toi qui n'est pas encore né(e) Albert Jacquard, Editions Calmann Levy, Le livre de poche, 2000


Quand il écrit cet ouvrage, Albert Jacquard a 75 ans. Après une vie à la fois d’ingénieur, de scientifique (généticien) et de militant, il veut partager ses questionnements, ses convictions, ses craintes et ses espoirs.

Pour cela, il s’adresse à un de ses futurs arrière-petits-enfants qui sera adolescent en 2025 : il revisite quelques étapes marquantes de sa propre vie pour en tirer des leçons de vie pour cet adolescent.

Le militant prône la vertu de la révolte et l’éloge de la non-obéissance : «  Se contenter d’être efficace, ce n’est pas se demander au service de quel demain est mis l’effort d’aujourd’hui : c’est trahir sa condition d’homme. Un demi-siècle plus tard, j’ai enfin compris qu’en chaque acte, l’important est sa finalité ».

Le scientifique nous décrit les découvertes scientifiques du XXe siècle qui obligent à un changement de regard radical : l’univers n’est plus immuable et stable, il a une histoire, « le mystère de la vie a été ramené à une séquence de processus chimiques », la logique n’est plus totalitaire : il faut être capable de réfléchir à l’incomplétude, la cohérence, à l’incertitude.

Les avancées techniques et les progrès ont modifié en quelques décennies notre vie quotidienne plus qu’elle ne l’avait été en plusieurs siècles. Mais Albert Jacquard nous met en garde de ne pas se laisser fasciner par ce progrès immédiat «  Ce qui est en cause et le champ ouvert à la démocratie. Celle-ci ne consiste pas seulement entendre chacun à propos de la gestion de la cité, mais à l’entendre aussi à propos des objectifs fondamentaux de la société ».

Il nous parle de la mort, de la peine de mort, du désir d’immortalité, des deux sexes et de leur rôle, nous propose un chapitre entier sur « la compétition contre le sport ».

En fin d’ouvrage, il nous invite à faire un exercice de lucidité sur les impasses dans lesquelles nous sommes engagés : l’impasse de la finitude, l’Impasse  des théories économiques, l’impasse de la myopie libérale, l’impasse de la valeur, l’impasse de l’unidimensionnalité, l’impasse des financiers, l’impasse du chômage. Et il nous propose un projet : l’éducation, car « c’est en commençant par l’enseignement qu’il faut faire reculer la barbarie que manifeste le pouvoir de l’argent »

Et il conclut sur l’impérieuse nécessité de la coopération, de l’entraide, du lien avec les autres. « La cause de ce lamentable gâchis ne peut être trouvée ailleurs qu’en nous-mêmes, Dans l’attitude que nous adoptons envers les autres. Cette attitude est aujourd’hui fondée sur la méfiance, la compétition, la lutte. L’évidence est pourtant que la coopération est seule féconde ».

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