Aux actes citoyens !

|  | Pour les auteurs, deux experts réputés, l’indignation ne suffit plus. Nous savons bien quels sont les problèmes à régler. Alors pourquoi ne pas se lancer dans l’action ? En effet, nous disent les auteurs, l’action déterminée d’une personne peut engendrer des mutations systémiques. Et ils nous le prouvent grâce à de nombreux exemples pris dans la vie des entreprises (brisons le métro boulot dodo), dans l’utilisation des TIC (devenons tous des citoyens Web 2.0), dans l’éducation (ressuscitons autour de nous la passion du savoir) et dans le développement des territoires (participons au développement de notre propre territoire). Un livre dense, fourmillant d’idées et d’exemples, qui illustre bien le rôle de la responsabilité personnelle dans la transformation de la société.
Aux actes citoyens ! De l’indignation à l’action, Hervé Sérieyx, André-Yves Portnoff, Editions Maxima 2011 |
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Prêts pour la 3ème Révolution industrielle ?

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« Notre étrange aptitude à donner une vision si claire et si vivante de l’avenir que les gens croient être arrivés avant même d’avoir quitté la gare ». Ce qualificatif que donne Jeremy Rifkin aux américains en général, s’applique parfaitement à lui-même : son dernier ouvrage, la troisième révolution industrielle, est un récit s’appuyant sur des exemples concrets et présente de manière cohérente et pédagogique un ensemble de concepts ( e développement des énergies renouvelables, l’évolution vers un monde d’énergie distribuée, la montée du fonctionnement en réseaux à travers Internet, l’évolution vers un capitalisme distribué, la fin des idéologies , la « fin du travail », le montée en puissance de la conscience empathique ..) . A travers ce récit, on voit effectivement se dessiner une troisième révolution industrielle dans lequel le pouvoir serait latéral et non plus vertical et qui pourrait se permettre de résoudre les grands défis auxquels notre monde est confronté. Dans une première partie , Jeremy Rifkin présente ce qu’il appelle les cinq piliers de la troisième révolution industrielle: le passage aux énergies renouvelables ; la transformation du parc immobilier de tous les continents en ensemble de micro-centrales énergétiques qui collectent sur site des énergies renouvelables ; le déploiement de la technologie de l'hydrogène et d'autres techniques de stockage dans chaque immeuble pour stocker les énergies intermittentes ; l'utilisation de la technologie internet pour transformer le réseau électrique de tous les continents en inter-réseau de partage de l'énergie fonctionnant comme Internet ; et le changement des moyens de transports par passage aux véhicules électriques branchables ou à pile à combustible, capables d'acheter et de vendre de l'électricité sur un réseau électrique interactif continental intelligent. Ensuite son discours s’élargit : il se livre à une réflexion sur le capitalisme distribué, nous fait part de son expérience avec les hommes politiques européens qu’il conseille ( le parlement européen a publié une déclaration officielle appelant à mettre en œuvre la troisième révolution industrielle) , explicite de manière très pédagogique pourquoi les modèles économiques issus de la pensée du siècle des Lumières sont à abandonner ( « mettre Adam Smith à la retraite » ) et invite à repenser l’éducation et le travail. Un ouvrage revigorant qui nous donne beaucoup de pistes pour comprendre et dépasser les crises dans lesquelles nous avons l’impression de nous engluer.
La troisième révolution industrielle, Jeremy Rifkin, Les liens qui libèrent 2012
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Des élus contre nature

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Jean Pierre Giran est un spectateur engagé de la politique publique en matière d’environnement et de protection de la nature. En effet, en tant que député, il a été rapporteur de la loi des parcs nationaux et est président de l’établissement public des parcs nationaux de France. Il est par ailleurs fin connaisseur du métier d’élu local, car il a été maire et conseiller régional pendant plus de 10 ans. Il observe « avec inquiétude et doutes » la manière dont les élus locaux appliquent mal (ou n’appliquent pas du tout) les lois de protection de la nature. Il fait un constat sans concession de la manière dont, sur le terrain, les élus locaux s’emploient, pour des raisons électoralistes et de vision court terme, à détricoter les lois de protection de la nature dont ils ont été parfois les défenseurs en tant qu’élus nationaux. Il plaide pour un changement qui voie les enjeux écologiques devenir des sujets qui passionnent les électeurs …et donc les élus, et pour une gouvernance locale partagée sur les sujets d’environnement en s’inspirant du Grenelle de l’Environnement.
Des élus contre nature, Jean Pierre Giran, T&O éditions
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Un paléanthropologue dans l'entreprise

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Quelle est la relation entre la réflexion d’un paléoanthropologue, spécialiste de l’évolution de l’espèces humaine depuis Lucy , ou Toumaï , qui vivaient il y a quelques millions d’années, et la problématique de l’entreprise qui vit dans l’instant ? Dans un livre très riche d’idées, Pascal Picq nous montre brillamment que le lien c’est la théorie de l’évolution de Darwin. Théorie qui est plus subtile que la simple « sélection naturelle » . En effet, nous dit l’auteur, l’évolution se fait en deux étapes : d’abord la création de diversité, ensuite la sélection. Et il insiste sur le fait que pour survivre, il est fondamental de créer de la diversité dans la mesure ou les contraintes extérieures ne sont pas toujours prévisibles .Pour une espèce, il est toujours bon d’avoir « plusieurs fers au feu » . Et pour l’entreprise, c’est la même chose. Plutôt que d’avoir une stratégie d’innovation « lamarckienne » qui vise à améliorer les produits dans des filières bien établies, il faut que l’entreprise s’ouvre des options en créant de la diversité de façon à pouvoir s’adapter plus vite à un environnement de plus en plus imprévisible. « L’évolution se fait dans la confrontation des facteurs internes de l’entreprise et des facteurs externes ou environnementaux. Le management s’occupe des facteurs internes, mais c’est l’environnement qui sélectionne ». Les entreprises meurent le plus souvent de la déliquescence de leurs facteurs internes , ce qui avait fait leur puissance. Dans l’entreprise, l’innovation n’est pas faite que de percées technologiques majeures. Dans 80% des cas, l’innovation (c’est-à-dire l’adaptation au monde qui bouge), se fait par des « bricolages » , des réorganisations. L’analogie avec l’évolution des espèces est la aussi très pertinente : c’est l’exaptation , qui à partir d’une ou plusieurs fonctions antérieures , crée une nouvelle fonction. La plume , apparue chez les dinosaures pour la thermorégulation et les parades sexuelles, a été adaptée pour le vol par les oiseaux. Un livre qui est une belle illustration du fait que l’entreprise a intérêt à se rapprocher de la nature et de ses modes de fonctionnement. A quand l’entreprise réellement darwinienne ?
Un paléoanthropologue dans l’entreprise, S’adapter et innover pour survivre, Pascal Picq, EYROLLES 2011
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Consommer mieux

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A l’heure ou la raréfaction de ressources devient une réalité de plus en plus prégnante, la nouvelle révolution commerciale consiste à « inventer de nouveaux modèles économiques qui associent rentabilité au zèle mis à satisfaire le client et économiser les ressources » nous dit Philippe Moati. Certes aucun distributeur ne s’est encore attaqué de manière frontale à la remise en question du modèle économique du toujours plus, issu du modèle « fordien » de la production de masse de produits standardisés. Et il leur est très difficile d’imaginer des « relais de croissance » en dehors de l’augmentation des quantités de produis vendus. Mais de nombreux signes montrent une révolution commerciale en marche : les distributeurs mettent en place des mécanismes visant à mieux répondre à des attentes plus personnalisées (commerce de précision) , à développer des bouquets de services. Plus que des produits, ce sont des « effets utiles » pour le consommateur et la société que proposent les entreprises ( commerce serviciel) . On assiste à une disparition progressive de la séparation entre producteurs et distributeurs et la montée en puissance des intégrateurs. Le modèle des hypermarchés est fortement remis en cause au profit du commerce de proximité et du E-commerce. A travers ce livre très clair et illustré de nombreux exemples, on voit se dessiner une offre commerciale plus en phase avec les aspirations d’une partie de plus en plus grande des consommateurs qui aspirent à consommer mieux et non consommer plus. Un livre à lire par le consomm’acteur qui trouvera des idées pour consommer mieux, mais aussi par les entreprises qui , pour certaines, vont devoir remettre en question de manière profonde leur modèle de distribution.
LA NOUVELLE REVOLUTION COMMERCIALE, Philippe MOATI, Odile Jacob, 2011
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URBATOPIES

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« Les villes apparaissent à plusieurs titres comme une des clés qui permettront d’inventer le XXIème siècle ». Certaines sont en avances et ont mis en place des démarches réussies : ce sont les « urbatopies» dont, fort de son expérience d’économiste et d’urbaniste, jean Haentjens s’essaye à dégager les grands traits. Au départ une approche stratégique : au contraire des approches normatives et planificatrices utilisées jusque là, l’approche stratégique est un processus dynamique porté par une vision, capable de mobiliser un maximum d’acteurs, de s’adapter en permanence à la complexité de l’évolution de l’environnement de la ville et de gérer les tensions associées à tout processus de changement. Au-delà des aspects environnementaux, sociétaux et économiques qu’elle doit intégrer, la stratégie doit aussi s’appuyer sur la dimension culturelle. Aider les citoyens à changer de comportement, créer du désir autour d’une vision partagée sont probablement aussi importants que de construire des eco quartiers. Très synthétique, ce livre permet de voir se dessiner la ville « durable » de demain, mais aussi d’identifier les difficultés à surmonter pour arriver à créer de vraies urbatopies.
URBATOPIES, Ces villes qui inventent l’urbanisme du XXIème siècle, Jean Haentjens, Editions de l’Aube 2011
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Scénario Negawatt 2011

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Créée il y a une dizaine d’années par un groupe d’experts de l’énergie, l’association NEGAWATT est une association totalement indépendante. Leur crédo qu’il y a des gisements importants d’économie d’énergie et qu’il y a des opportunités significatives d’améliorer l’efficacité énergétique, bref qu’il y a des « negawatts » à produire de préférence à toujours augmenter les « kilowatts » produits. “Produire des négaWatts, c’est donc rompre avec nos (mauvaises) habitudes en préférant la sobriété énergétique au gaspillage. C’est rechercher la meilleure utilisation possible de l’énergie, plutôt que de continuer d'en consommer toujours plus ». La transition énergétique, c’est donc d’abord la sobriété, ensuite l’efficacité, enfin les énergies renouvelables.
Le scénario Negawatt est un travail de modélisation très détaillé réalisé par les experts de l’association qui sont tous des praticiens de l’énergie. Ils aboutissent à un scénario volontariste mais très crédible, ou en 2050, nous aurons réduit en France la demande en énergie primaire de 65% par rapport à 2010, tout en gardant un haut niveau de services énergétiques pour les besoins de chaleur, de mobilité et d’électricité spécifique, les énergies renouvelables représentant 91% de nos ressources énergétiques en 2050. Un scénario qui décrit « une France avançant vers l’autonomie et la démocratie énergétique, créant des centaines de milliers d’emplois durables, et redonnant aux territoires et à leurs acteurs une place centrale dans notre paysage énergétique »
Scénario Negawatt 2011 Téléchargeable sur www.negawatt.org
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La vérité sur le nucléaire

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Le nucléaire est un tabou en France : Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement, s’attaque avec énergie à ce tabou. En effet, pour elle « La poursuite de cette industrie se fait dans l’opacité, avec des règles particulières totalement dérogatoires au droit commun et dans un contexte ou la priorité absolue lui est donnée au détriment des intérêts sanitaires et, au-delà, du budget et de l’économie ». Tout le monde se rappelle le nuage nucléaire de Tchernobyl s’arrêtant à la frontière française, illustration de « l’art de la désinformation » de l’industrie nucléaire. Ce que l’on sait moins, c’est l’inapplication du principe pollueur payeur qui transfère de fait le risque à la collectivité. Le cas de Fukushima nous a montré que de toute façon les exploitants nucléaires n’ont pas les moyens de faire face à des accidents majeurs. Même hors cas accidentel, se pose aujourd’hui la question de l’équilibre financier de la filière nucléaire. Car des défis financiers énormes attendent les opérateurs nucléaires : raréfaction de la ressource uranium, coût accru de la sureté, coût du démantèlement… des coûts « tellement immenses qu’ils deviennent difficile à évaluer honnêtement ».
Le jeu en vaut –il la chandelle ? se demande Corinne Lepage. Faut-il continuer à nous enferrer dans le « jacobinisme nucléaire » au détriment de la décentralisation énergétique ? Sa conclusion est claire : « le nucléaire appartient au siècle passé. C’est une énergie de passage …dont les effets ne le sont malheureusement pas ».
La vérité sur le nucléaire, Le choix interdit, Corinne Lepage, Albin Michel, 2011 |
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Une nouvelle conscience pour un monde en crise

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Dans la réflexion sur notre monde en crise, Jeremy Rifkin a choisi un angle d’attaque original. Il ne s’appesantit pas sur « la dette entropique », c'est-à-dire tous les effets négatifs de la consommation endorme d’énergie dont nous avons besoin pour faire fonctionner notre civilisation ( changement climatique, raréfaction des ressources…). Il se livre à une fascinante analyse de l’évolution de la conscience humaine et de la montée de l’empathie au cours de l’histoire de l’homme en lien avec les moyens énergétiques dont il disposait : la conscience mythologique des première hommes dont les sources d’énergie étaient très limitées , la conscience théologique dans les grandes civilisations hydrauliques (sachant canaliser et répartir l’eau) antiques du Moyen orient, d’inde et de Chine, avec comme prolongement Rome et l’avènement du christianisme, la révolution industrielle douce de la fin du moyen âge ( énergie hydraulique et éolienne) qui conduit à une conscience humaine de plus en plus individuelle , et à la conscience rationnelle du siècle des lumières ( « je pense donc je suis »), et la développement au cours du 20ième siècle d’une conscience empathique liée entre autres aux possibilités de communication offertes par les énergies fossiles qui ont conduit à la mondialisation. Le problème nous dit Jeremy Rifkin , c’est que « Nous avons beau évoluer rapidement en homo empathicus , l’ombre de notre dette entropique s’abat sur la paroi abrupte ou nous grimpons, alors que nous parvenons tout près du sommet de la conscience universelle » . Autrement dit , saurons nous rentrer suffisamment vite dans un mode coopératif élargi et une empathie avec les autres hommes , mais aussi avec la nature, avant que les prélèvements que nous faisons sur les ressources ne deviennent « insupportables » et entraine des bouleversements majeurs dont notre espèce serait la victime.
Un livre passionnant qui nous fournit une nouvelle lecture de l’histoire sous l’angle de l’évolution de la conscience et des moyens énergétiques et quelques pistes pour le futur. Et dont on ressort convaincu que ce n’est pas dans l’individualisme, mais dans l’empathie et la conscience altruiste des autres que l’homme peut non seulement trouver un sens à sa vie, mais aussi espérer résoudre les graves crises en cours et à venir.
Une nouvelle conscience pour un monde en crise, Vers une civilisation de l’empathie, Jeremy Rifkin, Les liens qui libèrent, 2011 |
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Un monde sans Wall Street ?

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Depuis la globalisation des marchés monétaires et financiers, les places financières, en particulier la bourse de New York, ne remplissent plus leur fonction première, qui est celle du financement de l’économie. De plus, leurs pratiques spéculatives font beaucoup de dégâts dans l’économie réelle. Le constat que fait Francois Morin est sans appel : surpuissance des acteurs financiers globaux qui se croient tout permis, exigences démesurée s des actionnaires qui ont un impact sévère sur le travail. Il faut sortir d’urgence des dogmes de l’économie ultra libérale qui sont en train de nous conduire à une catastrophe économique : pour cela il faut « changer le logiciel intellectuel des économistes », mais aussi « refondre le droit de propriété ». Et il faut surtout le courage politique de mettre au pas, voire de faire disparaitre les places financières qui ne jouent plus leur rôle. Un cri d’alarme lancé par un économiste qui a été membre du Conseil Général de la Banque de France et du Conseil d’Analyse Economique.
Un monde sans Wall Street, François Morin, Seuil, 2011 |
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* Pourquoi ça ne va pas plus mal ?

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« Nos sociétés sont malades de la formidable angoisse que génèrent les discours dominants dont le point commun est de considérer la vie comme un combat et la mort comme un échec ». Dans un passionnant essai paru en 2005, Patrick Viveret, analyse comment cette toxicomanie organisée autour de la rivalité et du désir de possession est en train de conduire l’humanité au bord de la «sortie de route ». La solution ne se trouve pas dans « l’avoir » (celui des ressources physiques, monétaires, techniques…) mais dans « l’être » : la façon de concevoir sa place dans l’univers de donner un sens à sa vie, de se montrer solidaire. Il nous faut donc grandir en humanité pour retrouver une harmonie avec la nature (recherche de beauté et de vérité), avec autrui (l’amitié comme alternative à la rivalité), et avec nous même (la sérénité comme alternative à la tension intérieure).
Le message de Patrick Viveret est que l’humanité peut se sauver par la lucidité, la prise de conscience des manipulations dont elle est l’objet ou se perdre si elle continue à se laisser égarer par des discours qui n’ont plus de sens. VIVERET Patrick, Pourquoi ça ne va pas plus mal, Fayard, 2005. En savoir plus : http://carpediemcom.free.fr/viveret05.htm http://grit-transversales.org/auteur.php3?id_auteur=33
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Le pari de la décroissance

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La décroissance est souvent caricaturée comme « le retour à la bougie ». Un des meilleurs spécialistes du sujet, Serge Latouche expose avec clarté à la fois les constats (gaspillage effréné des ressources, atteinte des limites de la planète, « enfer » de la consommation) et les solutions que proposent les partisans de la décroissance. Constats et solutions que partagent aujourd’hui beaucoup de ceux qui réfléchissent au futur de l’humanité. Il reste une volonté affirmée de garder le mot « décroissance » qui est psychologiquement difficile et de se démarquer des autres courants de pensée sur un développement durable. Alors que, comme l’explique Serge Latouche, il s’agit plutôt d’a- croissance , c'est-à-dire de sortir d’un dogme de la croissance économique. Même si elle n’exprime pas à elle toute seule toute la pensée des partisans de la décroissance, on peut retenir parmi les très nombreuses citations, celle de John Stuart Mill ( milieu du 19ième siècle) : « Toutes les activités humaines qui n’entraînent pas une consommation déraisonnable de matériaux irremplaçables ou qui ne dégradent pas d’une manière irréversible l’environnement pourraient se développer indéfiniment. En particulier, ces activités que beaucoup considèrent comme les plus souhaitables et les plus satisfaisantes – éducation, art, religion, recherche fondamentale, sports et relations humaines – pourraient devenir florissantes », citation qui va dans le sens d’un ré enchantement du monde qu’appelle de ses vœux Serge Latouche.
Le pari de la décroissance, Serge Latouche, Arthème Fayard Pluriel, 2010 |
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L’approche Cradle to Cradle ( C2C)

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Fruit des réflexions et de l’expérience d’un chimiste allemande et d’un architecte américain, ce livre publié en 2002 en anglais remet en cause le modèle industriel actuel caractérisé par l’obsolescence programmée des produits, le recours massif à la force brute de l’énergie, la « vulgarité » des produits, la taille unique pour tous et surtout le fonctionnement linéaire qui voit les produits aller « du berceau à la tombe ». Leur vision est plutôt des produits qui vont du berceau au berceau, c'est-à-dire que les matières peuvent être infiniment réutilisées soit sous forme biologique soit sous forme technologique : « le déchet comme nourriture, comme nutriment de l’avenir ». L’approche Cradle to Cradle ( C2C) , c’est ne pas se contenter de produits moins mauvais, mais faire des bons produits, esthétiques, plaisants, recyclables, respectueux des personnes qui les produisent, générant de la diversité…. Il ne s’agit plus seulement d’être éco efficace, mais d’être éco bénéficient. Malgré les exemples présentés, on reste un peu sur sa faim à la lecture du livre quant à la méthode pour mettre en place cette approche. Peut être est ce du au fait que les auteurs prônent plus un changement de regard sur le système industriel qu’une méthode pratique. Un dernier point : il a fallu près de 10 ans pour que ce livre soit traduit en français …alors qu’il est un best seller en Chine.
Cradle to cradle, William McDONOUGH, Michael BRAUNGART, Manifesto, 2011 |
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Les horizons terrestres

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L’humanité, munie de son système technique, a développé un système sociétal qui est en train de rentrer en interaction forte avec le système naturel, c'est-à-dire la biosphère. Ces interactions sont de plus en plus souvent des conflits dans lesquels l’humanité (ou tout au moins une grande majorité) risque fort de ne pas sortir gagnante : changement climatique, raréfaction des ressources, perte de la biodiversité mais aussi montée des inégalités. André Lebeau se livre à une analyse sans concession de cet « enfermement planétaire » dans lequel l’humanité est condamnée à trouver des solutions. Il trace des pistes pour le futur en analysant sans se bercer d’illusion les deux enjeux majeurs que sont pour lui l’énergie et la démographie (A noter que ce dernier est un enjeu assez rarement pris en compte de manière pro active ) . Il nous dresse un tableau des acteurs et des obstacles. Cet ouvrage n’apporte pas d’élément nouveau pour celui qui lit régulièrement les nombreux livres sur ce sujet. Par contre l’intérêt de cet ouvrage réside dans la qualité de l’analyse, très complète et très claire, de la mise en perspective des enjeux sur le long terme et du recul d’un homme qui a pu se forger des convictions à travers une vie professionnelle riche et variée.
Les horizons terrestres, Réflexion sur la survie de l’humanité, André Lebeau , Gallimard, 2011 |
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La révolution des métiers verts

|  | Très actif sur les enjeux climatiques, le collectif ADRET (www.adretclimat.org) a rencontré vingt passionnés de tout les horizons (scientifique, agriculteur, architecte, ingénieur, enseignant, économiste…) . Toutes ces personnes sont impliquées dans des métiers verts , ils ont tous mis l’urgence climatique au cœur de leur pratique professionnelle. A un moment ou on peut douter de la réelle volonté des dirigeants des pays les plus riches à s’attaquer sérieusement au problème climatique, le collectif ADRET veut nous montrer le coté ensoleillé des choses ( en montagne, l’adret est le versant exposé au soleil) : tous ces individus qui ne baissent pas les bras et qui souhaitent exercer un métier qui a un sens, car comme dit l’un d’entre eux , cela vaut tout l’or du monde.
La révolution des métiers verts, Collectif ADRET, Autrement, 2011
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L’effet papillon : petits gestes, grands effets pour une croissance durable

|  | « A petites causes, grands effets, tel est un des grands principes de la théorie du chaos ». C’est cette constatation qui a fait qu’Edward Lorentz s’est demandé en 1972 si le battement d’ailes d’un papillon au Brésil pouvait provoquer une tornade au Texas. Xavier de Bayser, un des meilleurs spécialistes de l’investissement socialement responsable, illustre ce potentiel « effet papillon » à travers trois exemples symbolisés par trois sachets ( de semences potagères, de charbon végétal et d’extrait de luzerne ) dont l’effet peut être majeur pour lutter contre la famine, la malnutrition et la déforestation. Les trois exemples d’entreprises qui produisent ces sachets servent à l’auteur pour une réflexion sur le social business (popularisé par Mohammed Yunus) qui pourrait être la révolution de l’économie.
L’effet papillon, Petits gestes, grands effets pour une croissance durable, Xavier de Bayser, L’Archipel, 2011 |
La vie, quelle entreprise

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Pour une révolution écologique de l’économie
« L’économie est un sous système de la société humaine, laquelle à son tour est un sous système dans la totalité du vivant sur Terre » . Telle est la vision qui sous tend la réflexion développée par Jacques Weber et Robert Barbault. Analysant le fonctionnement de l’ « Entreprise Nature », ils nous montrent la biodiversité comme une entreprise extrêmement performante, ayant su optimiser son fonctionnement et s’adapter à de multiples conditions extérieures, fonctionnant en réseau …mais malheureusement au bord de la faillite. Cette quasi faillite, elle le doit à l’espèce humaine qui s’est approprié le monde, sans réellement assumer les responsabilités que cette domination implique. La solution : renouer avec la nature, la respecter et retrouver l’humilité d’être convaincu qu’« on ne commande à la nature qu’en lui obéissant » . Il faut trouver une alliance entre écologie et économie, en particulier dans la manière dont nous exploitons les eco systèmes . « N’oublions pas que la Vie a progressé la biodiversité s’est imposée dans une planète en perpétuel changement grâce à deux forces majeures : la compétition bien sûr, que le néolibéralisme cultive jusqu’à la bêtise, mais aussi la coopération ». Les auteurs appellent donc de leurs vœux une solidarité écologique planétaire. Un livre très riche qui donne l’occasion à un écologue /naturaliste et un économiste /anthropologue de croiser leurs regards pour nous proposer une vision partagée, appuyée sur de nombreux travaux d’experts de toutes disciplines. Et l’on sort convaincu que les enjeux de la nature et de la biodiversité sont réellement au cœur de toute réflexion sur un monde durable.
La vie, quelle entreprise, Jacques Weber et Robert Barbault, Seuil, 2010
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Le livre noir de l’agriculture

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Pour Isabelle Saporta, l’agriculture d’aujourd’hui ressemble au monde des Shadoks, ces étranges animaux qui passent leur vie à pomper, pomper… et inventent ainsi des machines toujours plus absurdes. Engagé dans une course sans fin à la productivité, étranglé financièrement par des investissements de plus en plus lourds, l’agriculteur d’aujourd’hui ne s’en sort plus. Il fournit un produit rempli de pesticides, voire de résidus médicamenteux, il contribue à la pollution des eaux et en plus il vit globalement moins bien que ses anciens avec un revenu en chute libre ces dernières années. Le tout au profit des grandes firmes de l’agroalimentaire et de l’agrochimie. « L’agriculture intensive répond aux besoins de l’industrie et se contrefiche de l’environnement comme des éleveurs » . Dans cet essai très tonique , Isabelle Saporta démonte cette logique de Shadock et esquisse des pistes de sortie : retour à une plus grande diversité, relocalisation des cultures, diminution drastique des phytosanitaires…toutes solutions éprouvées et recommandées aujourd’hui par le monde scientifique ( INRA en particulier) . Mais solutions qui ont du mal à se développer tant qu’il n’y a pas une volonté politique forte d’imposer de nouvelles règles aux agro industriels.
Le livre noir de l’agriculture, Isabelle Saporta, Fayard, 2011
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No Impact Man

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Les américains font tout à l’excès. C’est au pays des plus gros consommateurs et des plus gros producteurs de déchets de la planète, dans la ville symbolique de la démesure qu’est New York que Colin Beavan, s’est lancé dans une aventure d’un an : réduire son impact environnemental à quasiment rien, et ce avec femme et fille de 18 mois. Plus de déchets, de la nourriture uniquement locale, plus d’ascenseurs, …l’auteur a même poussé le bouchon jusqu’à couper l’électricité chez lui pendant plusieurs mois. Le livre est surtout intéressant par les réflexions que suscite chez l’auteur les différentes étapes de cette démarche et par les modifications de comportement observées chez les amis et relations du couple. Sans devenir tous « no impact Man », nous pouvons tous agir à notre niveau et, comme le note Colin Beavan, beaucoup de choses que nous ne croyons pas possible le sont tout à fait, à condition de dépasser le temps d’adaptation inévitable (un mois nous dit l’auteur).
No Impact Man, Colin Beavan, Fleuve Noir, 2010
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Libérer l'innovation dans les territoires

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Au moment ou le mot « innovation » est dans toutes les bouches, il est extrêmement intéressant de lire le rapport du Conseil d’Analyse Economique « Créativité et innovation dans les territoires ». Celui-ci bat en brèche quelques idées bien établies à commencer par l’idée qui associe quasi automatiquement innovation, R&D et « high tech ». L’innovation est multiforme : innovation de rupture, mais aussi incrémentale, innovation décrétée ou innovation participative, innovation réalisée en collaboration avec d’autres, y compris le client, innovation organisationnelle, innovation dans le business model, innovation 2.0…. Il ressort de ce rapport l’idée forte que l’innovation repose autant voire plus « sur les liens sociaux, la qualité des échanges, la confiance » que sur les compétences technologiques ou la puissance financière. Raisonnant au niveau des territoires, le rapport remet à l’honneur le développement endogène et insiste sur l’importance de « l’intensité des relations, des échanges d’information et de services basés sur des relations non marchandes, grâce aux proximités professionnelles ou familiales » . Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce sont les territoires périphériques qui paraissent, dans les crises que nous vivons les plus attractifs et les plus dynamiques. Dans ce contexte, le rôle des pouvoirs publics est d’accompagner ce bouillonnement d’innovation venant de tous les acteurs et mettre en place un écosystème d’innovation basé sur des réseaux capables de capter et d’accompagner toutes les initiatives. En effet, il faut libérer l’innovation dans les territoires, car « la porte du changement s’ouvre par le bas ».
Libérer l’innovation dans les territoires, Michel Godet, Philippe Durance et Marc Mousli, La documentation française, 2010
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Stratégie de la bienveillance ou l’intelligence de la coopération

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C’est l’exemple du tournoi organisé par Anatol Rapoport qui a permis à Juliette Tournand de cristalliser sa réflexion et de développer sa « stratégie de la bienveillance ».Spécialiste de la théorie des jeux , Anatol Rapoport a organisé un tournoi sur Internet ou des experts en mathématiques, sciences politiques, économie, psychologie, et sociologie, ont joué un un grand nombre de coups dans un jeu ou , à chaque coup, le joueur avait deux options : coopérer ou refuser de coopérer avec l’autre joueur. La grande surprise a été de découvrir que la stratégie gagnante , c’est celle qui agit de manière bienveillante : elle n’attaque jamais la première, elle joue la coopération tant que l’autre joueur en fait autant, mais sait aussi se protéger et refuser de coopérer si un autre joueur attaque. Appliquant cette idée simple « toujours proposer la coopération tout en se protégeant des refus de coopération », Juliette Tournand nous propose une stratégie qui permet d’initier, d’entretenir et de développer autour de soi l’environnement qui coopère à sa réussite … et à la réussite de ceux qui veulent coopérer.
Stratégie de la bienveillance, ou l’intelligence de la coopération, Juliette Tournand, InterEditions- Dunod, 2010 ( deuxième édition)
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La voie, pour l’avenir de l’humanité

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Comme beaucoup d’autres, Edgar Morin fait le constat d’une humanité lancée à toute vitesse sur une voie qui conduit tout droit à des crises à répétition, voire des catastrophes. « Le probable, c’est la désintégration. L’improbable, mais possible, c’est la métamorphose » L’originalité et la richesse de cet ouvrage du penseur de la complexité, c’est qu’il propose non pas une voie de sortie, mais une myriade de voies qui se conjuguant peuvent amener une métamorphose de la société. En effet nous dit Edgar Morin, « Il existe déjà sur tous les continents, en toutes les nations, des bouillonnements créatifs, une multitude d’initiatives locales dans le sens de la régénération économique, ou sociale, ou politique, ou cognitive, ou éducationnelle, ou éthique, ou existentielle » . Comme cela a été le cas pour les grandes religions, c’est de ces bouillonnements créatifs, parfois minuscules, que peut sortir une métamorphose. Le livre « La voie » peut alors être vu comme un texte d’orientation qui recense toutes les pistes qui mériteraient d’être travaillées pour progressivement dessiner une métamorphose multiforme. A un moment ou les événements mondiaux nous laissent peu d’espoir de voir le système se réformer par le haut, cette porte ouverte vers une métamorphose qui viendrait de la base et dont nous pouvons être acteurs nous amène une bouffée d’air frais.
La voie, pour l'avenir de l'humanité, Edgar Morin, Fayard, 2011 |
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Pour en finir avec le principe de précaution

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« La seule chose que le principe de précaution fait progresser, c’est l’inquiétude » ; En très résumé, c’est la thèse que défend avec beaucoup de conviction Jean de Kervasdoué professeur au CNAM et membre de l’Académie des Technologies. S’appuyant principalement sur les exemples de santé publique qui est son domaine de compétence, il nous montre comment certaines décisions prises au nom du principe de précaution relèvent plus de l’émotion que du rationnel, conduisant à des gaspillages financiers inutiles. « Traiter des peurs infondées, en prenant par essence des mesures inutiles, ne fait que renforcer cette peur sans en diminuer le risque ». Un essai qui nous montre clairement que dans un monde complexe comme le notre, espérer maitriser tous les risques grâce au principe de précaution est totalement illusoire, voire contreproductif, car la peur comme fondement de l’action collective est très couteuse et paralysante.
La peur est au-dessus de nos moyens, pour en finir avec le principe de précaution, Jean De Kervasdoué, Plon , 2011
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Que font-ils de notre argent ?

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En échange d’avantages accordés par les pouvoirs publics (particulièrement manifestes lors de la récente crise, où plusieurs banques ont été sauvées par de l’argent public), les banques ont un contrat moral avec la société : financer les entreprises, protéger l’épargne des ménages, donner l’accès au crédit immobilier, fournir des services bancaires au plus grand nombre, le tout en maitrisant les risques pour elles et pour leurs clients. Le constat que dresse Stanislas Dupré est clair : les banques ont aujourd’hui rompu ce contrat moral. Elles se sont lancées dans des opérations financières juteuses à court terme qui se sont révélées catastrophiques à terme (crise des subprimes) . N’ayant pas appris de cette expérience, elles investissent aujourd’hui encore massivement dans des activités économiques polluantes et dans des grandes entreprises, sans essayer d’évaluer les « bombes à retardement » que représentent le comportement environnemental et social de ces entreprises (cf le cas BP) . Ce qui est plus grave, c’est qu’elles assèchent ainsi les financements dans l’économie verte et dans les PME. Les banques apparaissent donc aujourd’hui comme un frein majeur à la révolution industrielle verte pourtant indispensable pour le futur de l’humanité. A cet effet de ralentissement d’une évolution pourtant inéluctable, les banques rajoutent un comportement plutôt opaque. Les consommateurs ont déjà bien identifié le problème des frais bancaires, dont la complexité perd même le client le plus attentif. Par contre, ce que le consommateur identifie moins bien, c’est ce que fait la banque avec son argent. En pratique, en raison de la complexité de la chaine d’intermédiaires et du manque de transparence, un consommateur n’a que très peu de moyens d’orienter l’argent qu’il dépose à la banque vers des actions conformes à ses valeurs. En vertu du principe de la diversification du portefeuille qu’appliquent les banques, il est ainsi possible de retrouver des actions BP dans un fonds dit « ISR ». Un livre passionnant, d’où l’on ressort avec l’idée que sans attendre que les gouvernants régulent beaucoup plus fortement l’activité des banques, les citoyens que nous sommes peuvent commencer à aller demander des comptes à leur banque et essayer de « voter avec leur argent », même si c’est complexe.
Que font-ils de notre argent ? Stanislas Dupré, Nil Editions, 2010
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L’entreprise légère

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Il y a déjà presque 10 ans, Elisabeth Laville décrivait « l’Entreprise Verte » Avec de nombreux exemples, dans un livre dont le succès ne s’est pas démenti. Dans la même lignée, Julia Haake et Basile Gueorguievsky nous emmènent sur la piste de l’entreprise légère, une entreprise qui saura créer plus de valeur et de bien être avec moins de ressources et d’impacts. Après avoir constaté comme beaucoup d’autres l’insoutenabilité de notre mode de développement, les auteurs analysent les raisons qu’a l’entreprise de s’alléger : depuis le respect des réglementations existantes et à venir, jusqu’à la réflexion sur son rôle sociétal, les raisons sont multiples de « faire preuve de pragmatisme pour répondre à des défis économiques et matériels ( réduction des coûts et de la dépendance aux matières premières) et à des défis marketing ( répondre aux attentes des clients) » Pour alléger l’entreprise, il ne faut pas se contenter du management environnemental classique ( lié au site), mais changer d’angle en réfléchissant produit , passer éventuellement du produit au service et dans certains cas, repenser son modèle économique pour ne pas disparaitre. Cette transformation de l’entreprise se heurte naturellement à des freins, tant externes qu’internes. C’est l’objet de la dernière partie de cet ouvrage, dont on peut retenir que l’entreprise légère ne pourra se développer sans avoir au sein des entreprises des qualités humaines fortes comme le courage, la créativité et la joie. Un livre intelligent et réaliste qui peut inspirer beaucoup de chefs d’entreprises.
L’entreprise légère, Julia Haake & Basile Gueorguievsky, éditions Delachaux et Niestle, 2010
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Quel futur pour les métaux ?

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Les métaux, ressources minérales naturelles non renouvelables, sont à la base de notre civilisation industrielle. Moins médiatique que te changement climatique ou les enjeux énergétiques, leur raréfaction sera pourtant un des défis majeurs du 21e siècle : notre modèle de développement, qui repose sur la croissance économique et un accroissement continu du prélèvement des ressources, se heurte à la finitude de la planète. C'est ce thème qu'a choisi de traiter un groupe d'ingénieurs de l'association des centraliens sous la direction de Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon. A l'issue d'une analyse approfondie et documentée, prenant en compte les enjeux techniques, économiques, sociaux et environnementaux de la raréfaction des métaux, les auteurs mettent à mal les mythes de l'abondance, de la croissance verte et d'une technologie forcément salvatrice. Ils posent aussi les limites d'une économie circulaire fondée sur le recyclage généralisé. Ecrit dans un langage accessible à tous, composé d'un texte principal complété d'une trentaine d'études couvrant des secteurs d'activité, métaux et thèmes transversaux, cet ouvrage est conçu pour répondre aux questions de tous ceux qui veulent comprendre le futur des métaux.
Quel futur pour les métaux ? Philippe Bihouix & Benoit de Guillebon, EDP Sciences, 2010
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Sang pour sang toxique

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Jean Francois Narbonne est un des plus éminents toxicologues français. Alliant la rigueur scientifique et la capacité de vulgarisation que connaissent tous ceux qui ont assisté à une de ses conférences, il se livre à un passage en revue de tous les enjeux de santé actuels liés aux substances chimiques, en les mettant en perspective dans le temps. C’est dans les 30 glorieuses qu’on a pu constater un pic de pollution sans précédent dans l'histoire humaine (PCB, DDT, atrazine, dioxine...).La bonne nouvelle, c’est que le problème de cette pollution est globalement réglé aujourd'hui au niveau environnemental. La mauvaise nouvelle, c'est qu'il est loin d'être réglé pour les êtres humains, car c'est maintenant que l'on en voit les conséquences sur la santé humaine. S'il n'y a plus grand-chose à faire contre cette ancienne pollution (on ne peut qu’en subir les conséquences à retardement), en revanche nous pouvons prévenir les dégâts du cocktail de polluants modernes dans lequel nous baignons aujourd'hui. Un livre référence facile à lire pour les non spécialistes, qui se termine par des conseils pratiques parfois à rebours de nos idées reçues. Un livre finalement moins alarmiste que ne le laisserait croire le titre et qui permet de faire la part des choses entre les discours médiatiques et les vrais risques.
Sang pour sang toxique, Jean François Narbonne, Editions Thierry Souccar 2010
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Les pionniers de la ville durable

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La ville est le lieu de vie de la moitié de la population mondiale et de près de ¾ de la population européenne. C’est le lieu ou se consomme les ¾ de l’énergie mondiale. C’est aussi un territoire dont la dimension rend possible la mise en place de stratégies de développement durable aux retombées très concrètes. C’est à Aalborg en 1994 qu’a été lancé une dynamique européenne des villes durables. Se voulant « une archive vivante » de ce mouvement, le livre de Cyril Emelianoff et Ruth Segassy est un ensemble de portraits de villes engagées dans tout l’Europe et d’interview d’acteurs qui ont façonné la politique développement durable clés de ces villes. Il en ressort l’image d’un mouvement des villes durables à la fois multiple et inventif, qui bouscule sans cesse les certitudes politiques , économiques et sociales, et qui s’appuie sur des réseaux d’hommes et de femmes aux fortes convictions.
Les pionniers de la ville durable, Récits d’acteurs, portraits de villes en Europe, Cyril Emelianoff , Ruth Segassy, Autrement, 2010
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L'Age de l'emphathie, lecons de la nature pour une société solidaire

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« Une société purement fondée sur des motivations égoïstes et sur les forces du marché produira des richesses, mais n’engendrera pas l’unité ni la confiance mutuelle qui rendent la vie digne d’être vécue ». Le livre de Frans de Waal a pour objectif de nous montrer que l’empathie, cette capacité à dépasser l’égoïsme et prendre soin les uns des autres est indispensable à l’homme et à la vie en société, mais est aussi beaucoup plus développée qu’on ne le croit dans le règne animal. Pour cela, le biologiste et psychologue qu’il est, s’appuie sur sa longue expérience des chimpanzés, des bonobos, des singes capucins, mais aussi des dauphins ou des éléphants. Il nous montre grâce à des exemples saisissants que de nombreux animaux sont capables de s’entraider et , dans certains cas de se mobiliser pour sauver la vie de leurs congénères. C’est une nouvelle fois une belle leçon que nous donne la nature pour développer une société plus solidaire. Car rappelle-t-il , même Adam Smith, souvent cité comme le théoricien de la main invisible du marché, a écrit : "aussi égoïste que l’homme puisse être supposé, il y a évidemment certains principes dans sa nature qui le conduisent à s’intéresser à la fortune des autres et qui lui rendent nécessaire leur bonheur, quoiqu’il n’en retire rien d’autre que le plaisir de les voir heureux ".
L'Age de l'empathie, Frans de Waal, Editions LLL Les Liens qui Libèrent, 2010
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Prosperité sans croissance

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En un demi-siècle la taille de l’économie a été multipliée par 5. A ce rythme, en 2050, nous aurons une économie 80 fois plus grosse qu’en 1950. Or , à l’évidence , il n’y a pas suffisamment de ressources matérielles sur la planète pour cette croissance. Peut on imaginer un découplage qui permettrait cette croissance sans augmentation de l’utilisation de ressources : non, répond Tim Jackson, l’expérience montre que cela n’est pas réaliste. Il faut sortir de la dictature de la croissance et imaginer une économie sans croissance. Cela va-t-il avoir un impact sur notre prospérité, notre bonheur ? Tim Jackson nous montre clairement que, à partir d’un certain revenu, l’argent et les biens matériels ne font pas le bonheur. Tels sont, à très grands traits, les idées forces développées par ce livre qui a l’énorme intérêt de coupler une réflexion économique sur la croissance comme dogme de l’économie et une réflexion sociologique sur la « cage de fer » du consumérisme dans laquelle nous nous enfermons. De puis plusieurs années, la Commission Développement Durable du Royaume Uni mène un travail sur la redéfinition de la prospérité. Tim Jackson, qui est le président de cette commission, a tiré de l’ensemble de ces travaux un ouvrage qui fera date par la qualité de l’analyse réalisée et le réalisme des solutions avancées pour atteindre la prospérité sans croissance.
Prospérité sans croissance, la transition vers une économie durable, Tim Jackson, De Boeck
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Les enjeux du captage et stockage du du CO²

|  | Face aux enjeux du changement climatique, deux visions s’opposent, une vision tournée quasi uniquement vers l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, une autre qui défend la nécessité d’un bouquet de solutions énergétiques, incluant les énergies renouvelables et les énergies fossiles avec la mesure ‘compensatoire’ que représente le captage et stockage du CO². En 2007, dans le cadre d’un projet ANR, s’est tenu un atelier de dialogue entre scientifiques, industriels, administrations, ONG…, organisé par le CIRED et l’APESA sur le captage et stockage du CO². L’exploitation de toutes les informations recueillies lors de cet atelier alimente cet ouvrage. Son ambition : présenter à un public large, un sujet techniquement pointu. Son originalité réside dans une vision globale de tous les enjeux liés au captage et stockage de CO² avec un focus sur les aspects risques et acceptabilité sociale.
Captage et stockage du CO², enjeux techniques et sociaux en France. Minh Ha Duong, Naceur Chaabane, coordinateurs. Avec la contribution de Benoît de Guillebon, APESA.
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Le monde s'en va t'en guerre

|  | Après « Ceci n’est pas une crise – juste la fin d’un monde » , Philippe Dessertine continue son analyse de notre analyse du monde d’aujourd’hui . Dans ce nouvel essai, il met avec force sur la place publique un risque bien connu de tous les stratèges, le risque de guerre. Il dresse un tableau assez sombre mais réaliste des « lignes de fracture » qui pourraient conduire à des conflits armés massifs. La deuxième partie du livre s’attache à « déterminer les conditions qui permettront de canaliser l’énergie positive de 7 milliards d’êtres humains, afin que cette planète devienne plus un lieu de vie que de mort » . Pour Philippe Dessertine, il n’est pas question de revenir sur la mondialisation ou le capitalisme ou de ne pas utiliser la finance. Par contre, il est urgent de mettre en œuvre des « révolutions » du système actuel : une perte de souveraineté des états, à commencer par les Etats Unis, sur l’émission de leur dette, une transparence économique des états ( en premier lieu la Chine) , la proposition par les Occidentaux d’un modèle de développement ( et d’un mode de vie ) différent faisant appel à un arrêt de la croissance matérielle. Des solutions radicales, mais les mettre en œuvre ne couteraient-elles pas beaucoup moins cher à tous point de vue qu’une « bonne guerre » ?
Le monde s'en va en guerre (et ne sait quand reviendra), Philippe Dessertine, Editions Anne Carrière |
Vers une écologie industrielle

|  | A l’heure ou les mots « Ecologie Industrielle », « Economie Circulaire » , «économie de la fonctionnalité » , « Ecotechnologie » font de plus en plus partie du vocabulaire des décideurs, il est intéressant de lire ( ou de relire) ce livre écrit il y a déjà plus de dix ans. Œuvre d’un journaliste scientifique, ce livre donne une vision très claire de comment s’articulent l’ensemble des concepts cités ci-dessus. Etayé par des exemples qui n’ont globalement pas vieilli, il permet de comprendre comment, à partir d’une réflexion systémique et s’appuyant sur les analogues naturels, il peut être construit un écosystème industriel mature, c'est-à-dire économe en matière et énergie , qui le rende compatible avec la biosphère. Un ouvrage de référence pour qui veut savoir « comment mettre en pratique le développement durable dans une société hyper industrielle ».
Vers une écologie industrielle, Suren Erkman , Editions Charles Leopold Mayer, 1998
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La planète de la faim

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Pour « les affameurs », Doan Bui, journaliste du Nouvel Observateur a enquêté pendant 2 ans à travers le monde. Son ouvrage dresse le portrait d’un monde vivant au rythme d’ modèle occidental basé sur l’hyperconsommation (et le gaspillage), conduisant à des comportements d’affameurs de la part des occidentaux ou des chinois, par exemple, qui s’inspirent de ce modèle. Afin de répondre aux besoins des pays riches, en matière alimentaire (et non alimentaire quand il s’agit de bio carburants), les grandes entreprises de l’agroalimentaire détruisent ainsi les agricultures vivrières locales, exproprient des terres, organisent la déforestation, affament les plus pauvres… quand ce ne sont pas des pays eux même qui achètent des terres dans les pays les plus pauvres créant par la même un problème alimentaire dans ces pays. Les financiers spéculant sur les matières premières conduisant à des prix surévalués contribuent également à aggraver cette réalité. Doan Bui nous offre un panorama peu réjouissant de la globalisation. Elle nous invité à réfléchir sur les conséquences de nos modes de consommation et sur les produits que nous consommons, ainsi que sur la nécessité d’une gouvernance mondiale alimentaire. Mais surtout, elle souligne à quel point "tous nos destins sont liés".
Les affameurs Voyage au cœur de la planète de la faim, Doan Bui, Editions Privé, 2009
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Internet peut-il sauver le monde ?

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Créateur en 2000 de ACIDD (Association Communication et Informatique pour le Développement Durable), Gilles Berhault a une expérience large de la contribution (positive ou négative) que peuvent avoir les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) pour répondre aux enjeux d'un Développement Durable. Dans cet essai, il nous fait partager cette expérience et évoque de nombreuses pistes (travail en réseau, bâtiments intelligents, nouvelles mobilités, éducation, participation dans les territoires…). On en ressort avec la conviction que ce n’est pas la boîte à outils que sont les TIC qui change le monde mais surtout la manière dont nous décidons de l’utiliser pour « transformer notre manière de faire notre société » (extrait de la préface de Catherine Trautmann). Un ouvrage foisonnant et riche de références qui aurait mérité des approfondissements sur de nombreux points.
Développement durable 2.0, l'internet peut-il sauver la planète ? Gilles Berhault, Editions de l'aube, Poche, 2010.
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Le gouvernement des machines

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Pour aller vers un développement plus durable, une croissance verte, il nous faut « reprendre la main » sur les milliards de machines qui peuplent notre univers. En effet, souligne Jean Haëntjens, aujourd’hui les machines que nous avons-nous même conçus, ont pris un poids économique, politique, social et culturel énorme (cf la voiture par exemple) et commencent à rentrer en compétitivité avec l’espèce humaine pour le partage des ressources essentielles, en particulier l’énergie. Si l’homme ne veut pas être gouverné par les machines, il lui faut développer des politiques suffisamment fortes pour assimiler les machines et en faire des instruments de progrès. Les villes qui ont pris en main de manière très volontariste leur problématique transport sont la préfiguration de ce que peut être ce « gouvernement des machines ». Au moment où l’on ne parle que de croissance verte, cet essai original nous rappelle que ce n’est sûrement pas dans la croissance des machines que se trouve la solution.
Le gouvernement des machines ou le défi de la croissance verte, Jean Haëntjens, Editions de l'aube 2010
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* Communiquer responsable

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Le secteur de la communication s’est clairement emparé du terme « développement durable » pour communiquer. Et pourtant, constatent les trois rédactrices de ce livre, le « développement durable » est loin d’être intégré dans le secteur de la communication. D’abord parce que la communication a essentiellement pour vocation d’inciter à consommer, alors qu’un développement plus durable signifie consommer moins et mieux : il y a donc une révolution culturelle à faire chez les spécialistes de la communication et chez leurs clients. Ensuite parce que, peuplé de créatifs très indépendants, le secteur de la communication n’a pas encore fait beaucoup d’efforts pour réduire l’impact de son activité. Mais les choses changes : à travers de nombreux exemples, ce livre montre la voie d’une communication plus responsable à la fois dans son fonctionnement interne que dans les messages qu’elle véhicule. C’est un manuel de développement durable à l’usage du secteur de la communication écrit par trois des membres du collectif ADWISER qui fait la promotion de la RSE dans les entreprises de communication.
La communication responsable, Alice AUDOUIN, Anne COURTOIS, Agnès RAMBAUD-PAQUI, Eyrolles
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* Mettre en oeuvre l'écologie industrielle

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« Ecologie industrielle », l’association de ces deux mots peut paraître un oxymore. Et pourtant, il est bien nécessaire que les systèmes industriels s’inspirent des écosystèmes de façon à optimiser l’utilisation des ressources et de l’énergie. L’approche proposée par l’écologie industrielle est de réfléchir à une nouvelle approche des relations entre les différents acteurs de façon à boucler les flux de matières et d’énergie. Cyril ADOUE travaille depuis 2001 sur le sujet de l’écologie industrielle, d’abord sous forme d’une thèse à l’Université de Troyes ensuite au sein de l’entreprise Systèmes Durables qu’il a fondé en 2005 à Toulouse. Dans cet ouvrage, il nous fait partager sa vision de l’écologie industrielle et présente les outils utilisables pour mettre en place une demande d’écologie industrielle. Si comme, il a été dit, « l’écologie industrielle est une nouvelle métaphore pour décrire de vieilles idées », il est important de remettre au goût du jour ces vieilles idées et d’en systématiser l’approche car nous avons besoin dans les zones industrielles de minimiser les consommations globales, mais aussi de retrouver un mode de fonctionnement beaucoup plus collectif entre les différents acteurs de l’économie.
Mettre en oeuvre l'écologie industrielle, Cyril Adoue, Presses polytechniques et universitaires romandes
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* La politique de l'oxymore

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« Toutes les sociétés sont traversées par des conflits, par de grandes oppositions qui cherchent leur équilibre, leur synthèse, ou leur hybridatation dans des figures imaginaires ». L’oxymore est le fait de rapprocher deux réalités contradictoires comme « écologie libérale » par exemple. C’est un élément important dans l’expression ou la restitution des tensions qui existent dans une société. La thèse de Bertrand MEHEUST est celle d’un « pessimiste méthodique ». Pour lui, l’utilisation à tout va des oxymores à laquelle se livre les gouvernements actuellement est un moyen de désorienter les gens et les rend inaptes à penser. En effet, un univers mental ne renonce jamais à lui-même si des forces extrêmes ne le contraignent pas. Et l’ultralibéralisme n’a pas vraiment de forces extérieures pour le contraindre exceptée la réalité écologique : d’où cette utilisation effrénée d’oxymores qui vise, sous un discours progressiste, à pérenniser le système actuel. Dans ce contexte, Bertrand Méheust doute fortement de la capacité des démocraties modernes à redresser la barre pour parvenir à affronter les catastrophes écologiques à venir.
Bertrand Méheust, la politique de l'oxymore, Editions la découverte, 2009
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* Le Manifeste du Marketing vert

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Marketing vert, est-ce le nouvel oxymore ? Non, répond John Grant dans un livre passionné et passionnant. Puisque le marketing est l’art de vendre, utilisons-le pour vendre de nouveaux styles de vie. Le marketing peut être un formidable outil pour rendre le vert plus attractif, il ne s’agit pas de verdir ce qui est banal mais de banaliser ce qui est vert, c'est-à-dire « de poursuivre les mêmes objectifs que les écologistes mais avec d’autres arguments ». Le succès du marketing vert doit s’évaluer non plus seulement à l’aune de la réussite commerciale, mais aussi de la réussite écologique et/ou éthique et de la réussite culturelle. Cette évolution radicale ne se fait pas en un jour, c’est pourquoi il nous propose une grille d’évaluation du marketing vert (du vert de base au vert vif) et de nombreux exemples convaincants tirés de son expérience personnelle d’homme de marketing et d’écologiste engagé. Au fil de ce livre, se dessine ainsi un marketing qui n’est plus uniquement là pour allécher les gens avec des images et des promesses pas toujours remplies, mais qui cherche la participation active du consommateur pour lui donner envie d’aller vers de nouveaux styles de vie plus verts. Un seul regret, comme John Grant est anglais, il présente essentiellement des exemples anglo-saxons. On aimerait connaitre les entreprises francophones, vert de base, vert soutenu et vert vif. Pour cela on peut se tourner vers le livre Oser le marketing durable.
Le Manifeste du marketing vert, John Grant, Editions AFNOR 2009 |
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* La solidarité chez les plantes, les animaux , les humains

|  | Certes, il y a la « loi de la jungle » bien connue et que nous avons transposée de la nature aux sociétés humaines. Mais dans la nature, cette loi de la jungle est largement tempérée par des mécanismes coopératifs et des symbioses élaborées entre individus et espèces. C’est ce que Jean Marie Pelt illustre à travers de nombreux exemples pris chez les plantes et les animaux. Et sa réflexion débouche sur les sociétés humaines qui auraient tout intérêt à développer des mécanismes de solidarité, car « dans la lutte pour la vie, la meilleure des armes consiste dans la solidarité et l’association ».
Jean Marie Pelt , La solidarité chez les plantes, les animaux, les humains , Le livre de Poche, 2004
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* 2030 le krach écologique

|  | Pour atteindre 2050, objectif souvent cité par les projections scientifiques et les politiques publiques (cf la stratégie facteur 4), il faudra passer 2030. Or, nous dit Geneviève Férone, aux alentours de l’année 2030, nous serons sur tous les fronts en situation de krach écologique : climat, énergie, biodiversité, démographie. Et aujourd’hui la ressource qui nous manque le plus, c’est le temps. Le temps de mettre en place des solutions techniques, mais surtout le temps de changer nos comportements.
Fondatrice de l’agence de notation sociale et environnementale ARESE, et aujourd’hui directrice Développement Durable de VEOLIA Environnement, Geneviève Ferone plaide pour la construction tous ensemble d’un monde plus sobre et plus solidaire.
2030 le krach écologique - Geneviève Ferone - Editions Grasset - 2008
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* Le monde a faim

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Oublié des médias pendant de nombreuses années, le problème de la faim dans le monde est réapparu sur le devant de la scène au printemps 2008 : les scènes d’émeutes alimentaires ont fait redécouvrir que près d’un milliard d’êtres humains ont faim. Avec la croissance de la population, la question alimentaire va devenir un des enjeux majeurs du XXIème siècle. Spécialiste de l’économie de l’agriculture , Philippe Chalmin nous livre son analyse du sujet : certes la spéculation a exacerbé le problème, certes l’utilisation des ressources agricoles pour l’énergie a eu un impact. Mais nous dit-il « le monde a faim aujourd’hui parce que nous avons oublié de semer, nous avons laissé mourir ou migrer vers des villes bien peu accueillantes trop de paysans, nous avons oublié que l’homme avait besoin de manger avant de brancher son téléphone portable ». Il plaide donc pour la mise en place de politiques agricoles dans les pays du Sud : ces politiques doivent tenir compte du décalage existant entre les paysanneries du Sud et du Nord (le paysan du Sud n’est pas prêt pour le marché), et surtout être massivement aidées par les pays du Nord. Sa conclusion remet l’homme (le paysan) au cœur du système, car «c’est dans ses mains, beaucoup plus que dans les solutions technologiques miracles, que se trouvent les chances pour le monde de résoudre ce qui sera sans conteste le défi majeur du XXIème siècle : nourrir les hommes »
Le monde a faim - Philippe Chalmin - Bourin Editeur - 2009 |
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* La Responsabilité Sociale de l’Entreprise

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« La responsabilité sociale de l’entreprise renvoie à l’obligation pour les hommes d’affaires de réaliser les politiques, de prendre les décisions et de suivre les lignes de conduite répondant aux objectifs et aux valeurs qui sont considérés comme désirables dans notre société. » C’est de cette définition datant d’un livre publié aux Etats-Unis par Howard Bowen, en 1953, que partent Jean-Pascal Gond et Jacques Igalens pour nous emmener dans un « voyage au pays de la RSE ».
De manière très pédagogique et sans parti pris, les deux auteurs nous présentent les fondements théoriques de la responsabilité sociale de l’entreprise, les méthodes de mesure de RSE, les différentes hypothèses sur l’impact financier de la RSE, les outils de gestion de la RSE. Ils montrent clairement les avancés apportées par la RSE mais aussi ses limites. Car comme ils le disent en conclusion : « Mais il ne convient d’attendre de la RSE ni la résolution des grands problèmes que connait la planète, ni une transformation des entreprises, encore moins du capitalisme contemporain. Comme de nombreuses innovations de gestion, la RSE et les outils dont se dotent les entreprises pour la gérer efficacement, introduisent des progrès de moyenne portée qui progressivement s’intègrent dans les outils de gestion traditionnels. » La Responsabilité Sociale de l’Entreprise - Jean-Pascal Gond et Jacques Igalens - PUF, collection Que sais-je ? - 2008
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* Vers un futur soutenable

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Nous avons parlé dans les précédentes newsletters de l’APESA « d’effondrement », nous nous sommes demandés « pourquoi ça n'allait pas plus mal ». Il est vrai que la réalité est dure. La planète est en souffrance : ce que nous prédisaient les spécialistes est en train d’advenir. La tentation est forte alors de se détourner du futur et d'adopter la politique de l’autruche. Dans son livre « stratégie pour un futur souhaitable », Philippe Lukacs propose pourtant une option tout à fait différente... En s’appuyant sur des exemples emblématiques, GRAMEEN BANK, MAX HAVELAAR, PATAGONIA, la LOGAN… il nous montre comment il est possible de « développer de nouveaux produits, de nouveaux process non plus en étant guidé par la nécessité de satisfaire une demande immédiate, mais de façon plus responsable et avec plus de degré de liberté, en prenant pour objectif ce que l’on souhaite pour le futur ». C’est un message positif et dynamisant que véhicule cet ouvrage : en se laissant guider par ce qui a du sens; ce que nous voyons comme souhaitable pour le futur, il est possible de développer des innovations de rupture qui déboucherait sur des activités tout à fait rentables économiquement. Stratégies pour un futur souhaitable, Philippe LUKACS, Dunod 2008 En savoir plus : http://www.croissance-verte.com/archive/2008/05/24/strategie-pour-un-futur-souhaitable.html
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* Pourquoi ça ne va pas plus mal ?

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« Nos sociétés sont malades de la formidable angoisse que génèrent les discours dominants dont le point commun est de considérer la vie comme un combat et la mort comme un échec ». Dans un passionnant essai paru en 2005, Patrick Viveret, analyse comment cette toxicomanie organisée autour de la rivalité et du désir de possession est en train de conduire l’humanité au bord de la «sortie de route ». La solution ne se trouve pas dans « l’avoir » (celui des ressources physiques, monétaires, techniques…) mais dans « l’être » : la façon de concevoir sa place dans l’univers de donner un sens à sa vie, de se montrer solidaire. Il nous faut donc grandir en humanité pour retrouver une harmonie avec la nature (recherche de beauté et de vérité), avec autrui (l’amitié comme alternative à la rivalité), et avec nous même (la sérénité comme alternative à la tension intérieure).
Le message de Patrick Viveret est que l’humanité peut se sauver par la lucidité, la prise de conscience des manipulations dont elle est l’objet ou se perdre si elle continue à se laisser égarer par des discours qui n’ont plus de sens. VIVERET Patrick, Pourquoi ça ne va pas plus mal, Fayard, 2005. En savoir plus : http://carpediemcom.free.fr/viveret05.htm http://grit-transversales.org/auteur.php3?id_auteur=33
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* EFFONDREMENT : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie

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C'est ce titre fort qu'a choisi Jared DIAMOND, un biologiste et historien de 70 ans, pour son livre paru en 2006. La question qu'il se pose c'est "au rythme actuel de la croissance démographique et particulièrement des besoins économiques, de santé et en énergie, les sociétés actuelles pourront elles survivre demain ?". Pour y répondre, il se livre à une étude passionnante des sociétés ayant disparu dans le passé (l'île de Pâques, les mayas, les vikings, les indiens amazoniens d'Amérique du Nord) et des sociétés fragilisées d'aujourd'hui (Rwanda, Haïti…) en passant par des sociétés ayant su redresser une situation très difficile dans le passé (Nouvelle Guinée, Japon…). Si les effondrements de sociétés observés dans le passé (par effondrement on entend une disparition quasi-totale de la population) sont liés à des dommages écologiques dont la société elle même est responsable, ce n'est jamais le seul facteur. La capacité de réaction de la société, ses valeurs, jouant un rôle important dans sa capacité de survivre. Jared DIAMOND nous invite donc à nous mobiliser pour que l'impact écologique majeur de la civilisation humaine actuelle ne soit pas le prélude à un "effondrement" global. Il trace des pistes dans ce sens et nous donne des raisons d'espérer. EFFONDREMENT, par Jared DIAMOND, Gallimard 2006 En savoir plus : http://www.automatesintelligents.com/biblionet/2006/avr/collapse.html
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* Moins c’est Mieux

|  | « Les plus riches peuvent se passer du plus grand nombre de choses » Rabindranath Tagore Dans un petit livre paru en 2007 en France, Michael SIMPERL illustre le concept de « lessness », c'est-à-dire de décider en toute conscience de vouloir moins, de posséder moins et d’y prendre plaisir. L’intérêt de ce livre réside dans son caractère très illustré. L’auteur balaye tous les aspects de la vie quotidienne (la consommation, le temps libre, la maison, les déplacements, la santé, la famille…) pour montrer que la vie peut être plus belle et plus remplie quand on renonce délibérément au superflu. Simplifiez vous la vie, lachez du lest…et vous vivrez mieux. Moins, c’est Mieux - Michael SIMPERL – LEDUC.S Editions 2007
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* Vers un nouveau capitalisme

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C’est un livre profondément optimiste que nous propose Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006. En partant de son expérience de la Grameen Bank et de la multiplicité d’entreprises crées autour de la Grameen Bank, il propose une nouvelle forme d’activité économique complémentaire au modèle classique. En effet, ce qu’il appelle le « social business » est une entreprise dont l’objectif n’est pas tendu vers la maximisation des profits mais plutôt vers la maximisation des avantages sociaux. C’est une entreprise qui gagne de l’argent, qui est compétitive sur le marché, mais qui consacre ses bénéfices à réduire ses coûts pour les clients (les plus pauvres) et produire des avantages sociaux (microcrédit pour els plus pauvres, accès des plus défavorisés à la communication, meilleure nutrition, amélioration de la santé…). En revanche, elle ne rémunère pas ou peu ses actionnaires. La force de Muhammad Yunus, c’est qu’il s’appuie sur une expérience qui a profondément bouleversé le Bangladesh. Depuis 30 ans, avec une vision très forte mais une approche très pragmatique, Muhammad Yunus a montré que son concept du « social business » fonctionne. Ce sont plus de 100 millions de familles dans le monde qui ont aujourd’hui accès au microcrédit. Au Bangladesh, un des pays les plus pauvres du monde, l’action du groupe Grameen a fait reculer très significativement la pauvreté. Au delà de ses résultats économiques purs, la voix proposée par Muhammad Yunus correspond à un capitalisme plus juste et plus humain, un capitalisme qui a plus de « sens » que la simple maximisation des profits pour les plus riches, souvent au détriment des plus pauvres, un capitalisme porteur de réduction des inégalités et donc de paix. Il est de ce point de vue caractéristique que ce soit le Prix Nobel de la paix (et non pas le Prix Nobel d’Economie) qui ait récompensé l’œuvre de Muhammad Yunus en 2006.
Vers un nouveau capitalisme - Muhammad Yunus – Editions LATTES 2008
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* Un Autre Monde

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Joseph Stiglitz a été conseiller économique de Bill Clinton et vice-président de la Banque Mondiale avant de recevoir en 2001 le Prix Nobel d’Economie. Il est aujourd’hui reconnu comme un spécialiste éminent des problèmes de mondialisation. Un Autre Monde, c’est d’abord un ouvrage très pédagogique et très documenté sur les limites de la mondialisation telle qu’elle est menée aujourd’hui : un fanatisme du marché libéralisé à l’extrême qui conduit à des déséquilibres de richesse de plus en plus importants, l’épuisement des ressources naturelles, des dégradations de l’environnement , des instabilités financières, un affaiblissement de la diversité culturelle…en bref une mondialisation qui ne satisfait presque personne, à l’exception des plus riches et des plus puissants. Mais Joseph Stiglitz ne se contente pas de faire le constat. Fort de son expérience et de rencontres avec des universitaires, des hommes politiques et des citoyens de tous les continents, il esquisse des pistes de solutions pour faire « fonctionner la mondialisation » au bénéfice de tous les citoyens. Au passage, il porte un jugement très sévère sur son propre pays, les Etats-Unis, qui au lieu de « remodeler le système économique et politique mondial sur la base de principes de justice et de solidarité pour les pauvres » a choisi de remodeler le système mondial en fonction de leurs propres intérêts égoïstes et de ceux de leurs multinationales.
Un Autre Monde - Joseph STIGLITZ – Editions Fayard 2006
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