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Philippe FREYSSINET, Responsable du Département Energie Durable et Environnement à l'ANR, répond à nos questions :
Comment pouvez vous définir l’orientation du programme Ecotechnologies et Développement Durable (PRECODD) dont vous êtes responsable ? Le PRECODD est le premier programme de français couvrant l’ensemble des écotechnologies, et ambitionnant de contribuer à développer les écotechnologies comme un secteur industriel et technologique identifié en tant que tel. Il rassemble diverses composantes comme les technologies classiques de traitement des émissions polluantes ou de métrologie de l’environnement, mais y associe également les approches de réduction des émissions à la source et les outils et services visant à une maîtrise intégrée des émissions polluantes. Le programme inscrit volontairement la dynamique de développement durable comme une problématique de recherche. L’idée du PRECODD est d’ajouter une dimension sociétale à la logique de recherche et de donner les moyens nécessaires au développement d’outils permettant d’appréhender cette réalité. L’évaluation éco environnementale devient un champ de recherche à part entière. Le programme vise également à renforcer la communauté scientifique française et à mieux structurer les partenariats public-privé dans le domaine des éco-technologies, et d’acquérir une meilleure visibilité sur le plan européen. Qu’est ce qu’un Atelier de Réflexion Prospective ( ARP) ? Les ARP sont un nouvel instrument de l’ANR initié fin 2006. Après sélection, le premier ARP financé par l’ANR est d’ailleurs consacré à la prospective sur le thème des écotechnologies, baptisé ECO INNOV, il a été lancé en mars dernier et est coordonné par l’APESA. Un second ARP sur l’écologie industrielle, coordonné par l’université de Troyes a également été financé ce printemps. Depuis trois autres ateliers font l’objet d’un appel à proposition, sur les thèmes « science et sociétés », la directive REACH, et les plantes du futur. D’autres vont probablement suivre à l’automne. L’objectif de ces ARP est de créer des réseaux de réflexion entre acteurs de la recherche et de l’économie afin de leur permettre de s’identifier, de formuler ensemble des questions scientifiques et de définir des axes de recherche à partir d’éléments de prospective. Leur objectif et leur mode de fonctionnement est donc différent des projets de recherche classiques de l’ANR. L’ARP nous semble le maillon nécessaire entre un besoin sociétal, la formulation d’objectifs scientifiques et la préparation d’un programme de recherche aux contours précis. Les ARP ont ainsi un rôle de défricheur et permettent d’identifier les principaux acteurs de la recherche et les partenaires privés autours d’une thématique, ils constituent un élément important pour préparer la programmation future de l’ANR. Quelles nouveautés dans la programmation de l'ANR ? Depuis 2007, l’ANR a mis en place une démarche de programmation avec huit comités sectoriels dont l’un sur l’énergie et un autre sur l’environnement. Ils donnent leurs avis sur l’orientation des programmes en cours, ceux à à créer, etc. Les ARP assurent l’interface entre l’ANR et la communauté scientifique sur des thèmes spécifiques, cela est significatif d’un mode de fonctionnement qui rompt avec le mode de programmation de la recherche antérieur. En effet, l’ANR a pris comme principe de reconsidérer l’existence de tous les programmes au-delà de 3 appels à projets successifs. Les programmes pourront être poursuivis ou bien donner lieu à de nouveaux programmes plus adaptés. Cela permet d’initier une dynamique de réflexion permanente, et de favoriser l’émergence de thèmes nouveaux. L’année 2007 est une année charnière pour nous car elle correspond à la fin d’un premier cycle de programmation initié avec la création de l’Agence en 2005. Elle annonce un nouveau cycle de programmation 2008-2010, plus volontariste mais aussi plus à l’écoute des besoins. Contact : philippe.freyssinet@agencerecherche.fr
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