O. Donard1, P. Garrigues2, F. Séby1, H. Budzinski2
1 Laboratoire de Chimie Analytique Bio-Inorganique et Environnement, EP CNRS 132- Université de Pau et des Pays de l’Adour
2 Laboratoire de Physico-Toxico-Chimie des systèmes naturels, ESA 5472 CNRS, Université de Bordeaux I
Le développement des activités humaines induit une pression directe ou indirecte sur l’environnement dont la préservation représente l’enjeu économique et politique du futur. La gestion durable de ce patrimoine repose sur le suivi de la qualité des écosystèmes naturels et de leurs évolution. Il convient également de déterminer l’impact de ces paramètres sur les organismes vivants.
Deux principaux processus peuvent affecter la qualité de l’environnement. En premier lieu, la détérioration du milieu naturel peut se faire lors d’accidents de contaminations spectaculaires. Ces événements, dans la plupart des cas, ne portent pas à conséquence sur le long terme car ils sont immédiatement identifiables et tous les moyens sont généralement mis en œuvre pour solutionner le problème posé. Le deuxième cas, le plus fréquent, est lié à la détérioration diffuse de la qualité de l’environnement par la dispersion de contaminants issus de l’activité anthropique (e.g. diffusion de polluants de sols pollués vers la nappe phréatique, transfert de la pollution sur de grandes distances par voie atmosphérique). Un des problèmes les plus délicats de la gestion et du contrôle de l’environnement est donc de déceler l’évolution des tendances faibles sur le long terme.
Ce suivi sur le long terme de la qualité de l’environnement peut être réalisé par la mise en place d’un dispositif d’archivage d’échantillons représentatifs d’écosystèmes donnés. Cette approche repose sur le prélèvement de divers échantillons appartenant à un écosystème donné (e.g. végétaux, sols, sédiments, matériaux biologiques), une caractérisation des contaminants chimiques inorganiques et organiques et un stockage sur le long terme dans des conditions préservant l’intégrité chimique de ces échantillons. L’intégration du concept d’archivage permet d’ajouter une dimension importante dans la surveillance des milieux car elle permet d’enregistrer, de documenter et de suivre l’historique d’une contamination et de pouvoir revenir dans le futur sur des questions non formulées à l’heure actuelle. Les informations issues de ces données permettront de mesurer l’efficacité des solutions entreprises dans les milieux considérés et d’optimiser la gestion du milieu. Elles serviront également de base pour des critères de décision en matière de réglementation. De plus, il sera possible de mettre en évidence les dérives fines de détérioration de la qualité des milieux.
Au cours de cet exposé, l’intérêt de ce type de structure vis à vis de la surveillance et du suivi de la qualité de l’environnement sera présenté en se basant sur l’expérience acquise par le centre le plus ancien en Europe, le centre " Specimen banking " à Jülich en Allemagne.